08 Février 2012 à 12:51:22
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Auteur Fil de discussion: QUELQUES DATES CONCERNANT L'INJUSTICE EN MARTINIQUE DENONCEE PAR "JUSTICE" !!!!  (Lu 260 fois)
THE BOSS
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« le: 09 Mai 2010 à 17:38:01 »

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1.2. Les circonstances de la création du journal Justice

Le doyen de la presse martiniquaise qui a survécu contre vents et marées et n’a jamais cessé de défendre les intérêts des masses laborieuses et de notre peuple
Justice a été fondé le 8 mai 1920, dans une Martinique en proie à une grande misère et à un moment où le mouvement syndical en est à ses balbutiements.
Citons, parmi les événements marquants de la période qui précède sa création:
En février 1900 (à partir du 5): Grève du François: massacre de 10 ouvriers de la canne. Ce premier grand affrontement de classe révèle l’inorganisation de la classe ouvrière. Il fut cependant le point de départ de la montée des syndicats et des luttes ouvrières.
2 mars 1901 Parution du journal «Le Prolétaire». Les socialistes martiniquais affirment vouloir, par la lutte des classes, supprimer l’inégalité économique tout en réfutant l’idée de spécificité du problème colonial. Ils déclarent que l’émancipation de la Martinique ne se fera que par le socialisme, avec une France socialiste.
Cette idée sera également reprise par les premiers communistes.

La société martiniquaise est perturbée et bouleversée par l’éruption volcanique de 1902 qui détruit Saint-Pierre, centre économique et culturel de la Martinique.

2. Justice et le Parti Communiste

2.1. Création du groupe «Jean Jaurès»

Les raisons de la division de la Fédération Socialiste de Martinique

22 juin 1919  Le socialiste Joseph Lagrosillière et Fernand Clerc, chef de file des békés dits progressistes, signent le fameux «Pacte de Sainte-Marie» et créent un nouveau groupement : Le Parti Républicain Schoelchériste.
 Jules Monnerot et un certain nombre de militants quittent la Fédération Socialiste de Martinique. Ils considèrent que ce pacte tourne le dos aux principes du parti socialiste qui sont la lutte contre l’usine et à la non-collaboration avec les capitalistes.

Programme et transformation du groupe «Jean  Jaurès»:

19 décembre 1919 Jules Monnerot et ses amis (J.Del, L.Bissol, J.Linval, A.Aliker) constituent le groupe «Jean Jaurès» en affirmant leur affiliation au parti socialiste de France. Le groupe se fixe comme but :
«Travailler à organiser notre prolétariat et lui inculquer la conscience de classe».

L’année suivante, le groupe «Jean Jaurès» adhère aux thèses du communisme.

1er mai 1920  Lors de la Fête du Travail, le groupe «Jean Jaurès» annonce par tract la publication, le 8 mai 1920, du premier numéro de son journal «Justice».

Le journal est édité par l’Imprimerie Nouvelle, 25 rue Galliéni à Fort-de-France.
Justice affirme:

son refus de la collaboration de classes
sa fidélité aux principes de base du socialisme, à la lutte des classes
sa volonté d’impulser  l’organisation de la classe ouvrière
sa fidélité à la solidarité internationale des travailleurs
sa dénonciation des abus et des injustices de la domination coloniale.

2.2. Création de la Fédération Communiste

Dès janvier 1921, le groupe «Jean Jaurès» va s’appeler Communiste et  s’attachera à la création de syndicats, à l’organisation de la classe ouvrière.

1932 Création, en France par des  étudiants martiniquais, du groupe marxiste «Légitime défense». Reconnaissant la spécificité du fait colonial, le groupe déclare que : « le marxisme est la seule doctrine qui propose aux Noirs des perspectives d’émancipation réelle ».

2.3. La bataille idéologique fait rage

Le 2 mars 1933 «Justice» publie la lettre adressée au groupe «Jean Jaurès» par le groupe «Légitime défense», qui déclare notamment:

«Votre plate-forme politique essentielle à savoir l’assimilation intégrale des Antilles aux départements français est en contradiction formelle avec la théorie marxiste.»

Après 1934 De retour en Martinique, des membres de «Légitime défense» et des jeunes sympathisants locaux (V.Lamon, G.Gratiant, T.Lero, R.Ménil etc) constituent le groupe marxiste «Front commun». Ce groupe s’adresse aux jeunes ouvriers parmi lesquels il diffuse «Le Manifeste Communiste». 
En 1935 Fusion des deux  groupes marxistes pour constituer une seule organisation: «La Région Communiste de la Martinique».

2.4 Les Communistes Martiniquais et le Parti Communiste Français

À l’origine, le Parti Communiste Français (PCF) refuse de reconnaître la Région Martinique en tant que région française du parti.

                             
                                           Jules Monnerot

Jules Monnerot et ses amis n’adhèrent ni à l’Internationale Communiste (IC) ni au Parti Communiste Français, section française de l’Internationale Communiste (SFIC). Cette dernière développe dans ses congrès l’idée «des droits des peuples à disposer d’eux-mêmes».
Toutefois, en 1939, la région Communiste de la Martinique se transforme en Fédération  Communiste de la Martinique affiliée au Parti Communiste Français.

3. Justice témoin de son temps

3.1. Quelques luttes

Janvier 1923  Grève marchante: les grévistes se mobilisent et vont en masse, d’habitation en habitation, pour appeler à cesser le travail.
9 février Ils se dirigent sur l’Habitation Ressource. Lorsqu’ils arrivent à l’usine de Bassignac, ils se heurtent aux forces de l’ordre. On dénombre deux morts et trois blessés.

Entre 1923 et 1926  La violence colonialiste se déchaîne, cette période est appelée  «période Richard», du nom du nouveau gouverneur (Henri Richard).Ce gouverneur intervient personnellement dans les élections pour faire élire les valets du pouvoir colonial. La fraude électorale est à son maximum.

En 1924  poursuite judiciaire contre le groupe «Jean Jaurès» après un meeting à la Bourse du Travail contre la non-application de la loi sur les accidents du travail et la suppression de l’inspection du travail.

24 mai 1925  Assassinat des conseillers généraux socialistes Charles Zizine et Louis Des Etages à Ducos ; douze morts, le même jour au Diamant, au cours d’élections frauduleuses.

Avril 1925  Grève des charbonniers et charbonnières de la Compagnie Transatlantique sur le port de Fort-de-France.

Le 22 juillet 1925 Justice dénonce l’arbitraire: Jules Monnerot est écarté de son emploi au lycée Schœlcher et devient avocat au Barreau de Fort-de-France.

Février 1935: Grève des ouvriers terrassiers de Saint-Pierre.

Juillet 1937 Grève des marins à la Martinique.

Le 11 juin 1927: Justice informe: 98 millions ont été versés à des privilégiés qui spéculent sur le foncier et l’immobilier martiniquais, guadeloupéen et vénézuélien.

En 1929 Le journal dénonce le «Pacte de la Poterie», le second que signent les socialistes et les usiniers.

En 1931 La politique du «bout de chemin avec l’usine» et le «pacte» prouvent leur efficacité: la présidence du Conseil Général revient au grand  béké Gabriel Hayot.

3.2. L’affaire ALIKER

En 1924 Eugène Aubéry, après avoir épousé la fille de Gabriel Hayot, est nommé administrateur de la Société Anonyme de Lareinty.
 Suite à  des acquisitions douteuses, il se trouve à la tête d’une des plus grosses fortunes de la Martinique.
 Cette puissance économique va lui permettre de jouer un rôle de tout premier plan dans la vie politique martiniquaise.
La genèse du scandale Aubéry-Lareinty

En 1926, l’administration de l’Enregistrement réclame à Eugène Aubéry, dont l’actif a été évalué à trente millions de francs, le règlement de la taxe de 12 % sur le revenu des valeurs immobilières non acquittée.

Le 15 octobre 1929 Le Tribunal de première instance de Fort-de-France condamne Mme Aubéry (principale actionnaire) à verser à la colonie près de 8 millions de francs, frais inclus.
Le 9 avril 1930 Aubéry (qui a fait appel) gagne son procès. Il n’aura aucun argent à débourser. Mieux, c’est la colonie qui devra lui verser 80'000 francs! Le Conseil Général, représentant les intérêts de la colonie, se pourvoi en Cassation.

Le 20 décembre 1932 Le gouverneur (Gerbinis), sans en avertir le Conseil Général, décide que la colonie se désiste, et retire donc le pourvoi en Cassation.

Le 11 juillet 1933 Justice publie une édition spéciale avec le gros titre:

«Alerte ! Le Panama de Lareinty. Les chéquards de la fraude fiscale. Magistrats pris la main dans le sac»
Le journal publie dans ses colonnes toute une série de documents fournis par Emmanuel de Lacoste homme de confiance chargé des affaires d’Eugène Aubéry.
Ce dernier, s’estimant lésé dans la répartition des bénéfices, remet des conclusions écrites et signées attestant de la fraude qu’il dénonce à des personnalités locales et aux membres du groupe «Jean Jaurès». Seul «Justice» dénonce le scandale. Les documents fournis sont:

la plainte déposée contre Aubéry, le 26 mai 1933, entre les mains du Ministre de la Justice, par  M. Emmanuel de Lacoste,
manuscrit du greffier, expert comptable dans  l’affaire des usines,
chèque de 200'000 F signé Aubéry à de Lacoste
L’édition spéciale de Justice produit l’effet d’une bombe dans l’opinion publique. André Aliker est à la pointe du combat pour dénoncer le scandale.

                           
                                        André Aliker

Le 11 janvier 1934 André Aliker est retrouvé assassiné sur la plage de Fonds-Bourlet à Case-Pilote, les pieds et mains liés. Les assassins n’ont  jamais été inquiétés et l’éteignoir a été mis sur cette affaire. Protestation massive de l’opinion publique internationale.
«Justice» est menacé de disparaître, tentative de fermer l’imprimerie
Que révèle l’affaire Aubéry?   

Ce scandale jette la lumière sur la corruption des magistrats et  fonctionnaires, la  collusion entre l’usine et les représentants de la colonie. Il éclaire crûment l’immoralitéde l’oligarchie usinière qui règne sur la Martinique et met à mal le fameux  Pacte de Sainte-Marie et la politique dite «du bout de chemin avec l’Usine».
1935, marche de la faim des ouvriers de la canne contre la baisse des salaires.

 La même année, la Martinique fête le tricentenaire du rattachement à la France.

La presse locale et la Chambre de Commerce de la Martinique  s’évertuent à montrer que la Martinique n’est pas une colonie mais bien une petite France. Seul Justice dénonce les deux siècles d’esclavage, les méfaits du colonialisme en Afrique et ailleurs.

1936 À  l’initiative de militants communistes, mise en œuvre de l’unification des syndicats dans une union des Syndicats CGT. Puissante mobilisation des travailleurs (40 heures, congés payés, allocations familiale, etc.)

1er mars 1937 8.000 travailleurs défilent. Création de l’union des syndicats CGT qui réclame l’application des lois sociales françaises aux Antilles. La même année, Léopold Bissol, ouvrier ébéniste, est élu conseiller général de Fort de France.

Deuxième guerre mondiale de 1939 à 1943

La Martinique vit sous la férule de «l’Amiral Robert», l’homme de Vichy.
Sa police procède à la saisie des biens du journal et ce, avant même la parution du décret de dissolution du Parti Communiste Français ! Mais, dans la clandestinité, quelques numéros sortiront  en feuille dactylographiée.

Après la chute du régime de ROBERT, «Justice» paraît au grand jour.
4. La presse martiniquaise

Entre 1919 et 1939 On relève plus de 70 titres de journaux à la Martinique. Le  tirage est modeste, et certains ont une vie  éphémère.
En règle générale, cette presse se signale par son anti-communisme. Elle s’applique à publier des extraits d’articles tirés de journaux français et accorde peu de place à la vie locale, hormis la polémique qui l’oppose à Justice. Ce sont notamment : L’Action Nouvelle, La Résistance, Le Courrier des Antilles, L’Aurore, L’Information, La Paix» (journal de l’évêché). Il faut ajouter deux journaux de tendance socialiste Le  Ralliement, et la Petite Résistance.
En 1964    Deux nouveaux moyens d’information arrivent à la Martinique: le quotidien France Antilles du magnat de la presse Robert Hersant et la télévision. Disparition des petits journaux départementalistes, L’information, La Paix, Le Sportif, Rénovation.

5. L’histoire de la Martinique à travers quelques thématiques

5.1. De l’assimilation à la désillusion

La  départementalisation

Après la deuxième guerre mondiale, cette loi est appréhendée en termes d’égalité des droits et vécue comme indissociablement anticolonialiste. Les Martiniquais [qui ont combattu pour l’application à la Martinique des lois républicaines et la fin de l’arbitraire] souhaitent également le développement économique de l’île.
Par ailleurs, les Martiniquais sont sensibles aux menaces de cession des Antilles françaises aux Etats-Unis; ils en redoutent les conséquences. Ainsi, en 1940-1941, la rumeur d’une menace d’occupation allemande des Antilles s’était répandue, insinuant qu’en réponse préventive, les Américains s’empareraient de la Martinique.
A plusieurs reprises, les USA ont déclaré leur intérêt stratégique pour l’île.
Sur l’échiquier politique, deux  tendances s’affrontent:

l’application intégrale des lois métropolitaines défendue par Aimé Césaire et Léopold Bissol, les communistes français et les membres de la Commission de la France d’Outre-mer de l’Assemblée Nationale.
 
l’application partielle des lois métropolitaines défendue par le député guadeloupéen Valentino appuyé par le ministre de la France Outre-mer
[La loi de départementalisation est votée à l’unanimité le 19 mars 1946 par la première Assemblée nationale Constituante. Aimé Césaire, député de la Martinique, soutenu par Léopold Bissol et les députés des vieilles colonies, en est le rapporteur au nom de la Commission des Territoires d’Outre-mer.]

La désillusion

En 1947, en France,  Ramadier chasse les communistes du gouvernement.
M. Trouillé est nommé Préfet à la Martinique.
Il s’agit du premier préfet. Il est socialiste et va respecter les consignes données aux préfets par Jules Moch (ministre de l’intérieur) : faire battre les communistes aux élections. Il va d’ailleurs participer à la conclusion d’un pacte en bonne et due forme entre socialistes, radicaux et indépendants pour l’élimination de Georges Gratiant de la Présidence du Conseil Général.

En 1949, La préfecture (en accord avec le parti socialiste) procède à un nouveau découpage électoral qui réduit la représentation communiste au Conseil Général. L’Assemblée Nationale entérine ce découpage sur mesure. Les élections cantonales d’octobre sont, pour les communistes, un succès encore remarquable: dix conseillers généraux sont élus.
L’intérêt du nouveau découpage n’est pas seulement la réduction de la représentation communiste : il place les conseillers généraux sous la dépendance directe de la Préfecture.
Les mairies, en raison de la situation économique  martiniquaise,  sont dans l’incapacité de faire face aux charges nouvelles induites par la départementalisation. Le système électoral devient alors le principal instrument  de la domestication du Conseil Général par la préfecture.
Outre la mise au pas des communistes, le préfet Trouillé va freiner l’application de la législation métropolitaine ouvrant à l’égalité des droits.
 Mais la pauvreté endémique servira de moteur à l’enclenchement des mouvements de masse dont l’exigence première sera l’application des lois sociales.

5.2. Les grèves se multiplient, la répression s’intensifie

1948 mars:  tuerie au Carbet: 3 morts. Condamnation de Justice et de ses rédacteurs à 300'000 F d’amendes et à 1 an et demi de prison avec sursis.
Septembre: les «16 de Basse-Pointe» sont accusés de meurtre et outrage aux forces de l’ordre et seront emprisonnés deux ans.
Mars 1950  Grève des fonctionnaires pour l’extension de la prime de vie chère (25 %).
Le 7 mars 1951: fusillade à Chassin: 2 blessés.
Mai 1953: nouvelle grève des fonctionnaires: les 40 % sont arrachés. Cette grève a été également une manifestation contre la discrimination et le racisme.
1959- Décembre Brutale répression contre la jeunesse, 3 morts: Marajo, Betzy, Rosile.
1961 – 24 mars au Lamentin: Répression contre les ouvriers agricoles: 3 morts et 21 blessés.
1974 – Grève des ouvriers agricoles. Tuerie à Chalvet : 2 morts, Ilmany et Marie Louise.
5.3 Résultats des luttes

Applications des mesures sociales

1949 Versement par la Sécurité Sociale de l’Allocation Vieux Travailleurs Salariés (AVTS).
1955  Mise en place des assurances sociales avec les remboursements maladies.
1967  L’ordonnance d’août 1967  réforme le régime d’assurance sociale en sécurité sociale.
Dans les années 1970 extension des prestations familiales aux DOM (allocation d’orphelin, de logement, de parent isolé, d’adultes handicapés, d’éducation spécialisée, complément familial).
Mise en œuvre de la nouvelle politique des communistes martiniquais
Rejet de l’assimilation et revendication nationale

Août 1955  Le Parti Communiste rejette l’assimilation qui nie le fait colonial. Son nouveau mot d’ordre: «plus large participation des Martiniquais à la gestion de leurs propres affaires».
24 octobre 1956  Aimé Césaire annonce sa démission, qui va porter un coup terrible au Parti Communiste qui obtenait jusqu’alors  2/3 des suffrages.
Septembre 1957 La fédération du Parti Communiste se transforme en Parti Communiste Martiniquais et se jette dans la bataille nationale.
En 1960 Le Parti Communiste Martiniquais lance le mot d’ordre de «l’Autonomie»

Violation colonialiste de la liberté d’expression

Entre 1960 et 1963 Justice sera  victime d’une répression féroce et saisi 14 fois en raison, entre autres, de la crainte que suscite l’idée d’autonomie dans la société coloniale départementale (la surveillance policière, les poursuites judiciaires, la pluie de condamnations et amendes de C.Sylvestre, A.Nicolas, G.Thimotée
– «Justice» dénonce l’ordonnance du 15 octobre 1960 qui frappe les dirigeants communistes
 -Guitteaud, Nicolas, Mauvois, Dufond).
Responsabilités accrues pour Justice

Après le lancement du quotidien France Antilles en 1964,  Justice devient un des rares journaux d’opinion à la Martinique. Le journal va développer une nouvelle ligne afin de porter plus haut la lutte de libération nationale et sociale et contribuer à développer la conscience martiniquaise.

Août 1971 Il se fait l’écho de la Convention pour l’Autonomie du Morne Rouge.
 Le journal entamera également la bataille pour la reconnaissance du 22 mai 1848 comme date officielle de l’abolition de l’esclavage.
Après 1981  Il développe l’idée que la décentralisation n’est pas la décolonisation et s’oppose frontalement au moratoire de Césaire sur le statut et maintient sa ligne de revendication d‘un pouvoir politique martiniquais.
A partir de 1987  Il  mène campagne contre l’Acte Unique Européen imposé aux Martiniquais sans les consulter.
En 1991 Publication d’un projet de statut érigeant la Martinique en Collectivité Territoriale Nouvelle dirigée par une assemblée unique.
En 1992  Déploiement d’une intense campagne d’explication contre le Traité européen de Maastricht.
En 1994 Lancement de l’idée de la tenue entre toutes les forces vives martiniquaises d’Etats Généraux du Peuple Martiniquais pour la responsabilité et le développement
Le changement statutaire à l’ordre du jour de la première décennie du 21ème siècle.
 Le Parti Communiste Martiniquais, lors de son 12ième congrès de février 1999, souligne la nécessité de rassembler les forces populaires pour construire une alternative politique martiniquaise.]

Le 7 juin 1999  le comité central du PCM condamne l’orientation droitière et conservatrice du rapport Lise-Tamaya et souligne la pression des lobbys patronaux des DOM.

10 août 1999 Appel du PCM aux Martiniquais «An nou doubout pou sa chanjé».


 
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« Répondre #1 le: 09 Mai 2010 à 17:52:25 »

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                       II
   Suite ...
    Le 1er décembre 1999  Déclaration commune de Basse-Terre pour un projet commun martiniquais : les Présidents des Régions Guadeloupe, Guyane et Martinique revendiquent un statut nouveau de Région d’Outre-mer.
Le 10 janvier 2000  Le PCM publie le «Manifeste pour un projet global» que lui ont fait parvenir Gérard Delvert, Edouard Glissant, Bertène Juminer et Patrick Chamoiseau.
Le 31 mars 2000  Le Conseil d’Etat donne un avis négatif sur plusieurs dispositions essentielles du projet de la loi d’orientation gouvernemental sur l’avenir des départements d’Outre-mer.
Le  5 avril 2000 Le Conseil des Ministres adopte le projet de loi sur la baisse du coût du travail devant financer le développement économique.
Le 12 octobre 2000 La loi d’orientation pour l’Outre-mer (la LOOM) est adoptée en deuxième lecture par l’Assemblée Nationale et validée en octobre  par le Conseil d’Etat.
Le 16 janvier 2003 « Assises des libertés locales » organisées à la demande du gouvernement.
Le 27 juin 2003  Accord entre B. Girardin et une délégation du Congrès des élus martiniquais sur un document d’orientation sur l’avenir institutionnel de l’île.
Le 7 décembre 2003 Consultation populaire sur l’évolution statutaire dans le cadre de l’article 73. Le NON l’emporte. Refus de l’assemblée unique et de la Collectivité unique.
En 2007  des élus martiniquais élaborent des orientations stratégiques et novatrices dans le domaine de l’économie, du social et de l’environnement (issues d’une synthèse du Schéma Martiniquais de Développement Economique (SMDE) et de l’Agenda 21 du Conseil Général.
Le 18 décembre 2008  A une large majorité, le Congrès des élus opte pour l’article 74 de la Constitution française qui permettrait d’obtenir une certaine autonomie et accroîtrait la responsabilité des élus locaux. Le PPM vote contre.
Le 18 juin 2008  De nouveau à une large majorité, le Congrès des élus adopte un projet complet concernant le fonctionnement, les organes et les compétences de la Collectivité autonome dans le cadre de l’article 74. Le PPM vote contre.
Le 29 juillet 2009  Des élus et personnalités d’horizon politique différent décident de se regrouper au sein du «Rassemblement Martiniquais pour le Changement» dans le cadre de l’article 74 et se déclarent pour «Une Martinique autonome». Le PCM est partie prenante.
Explosion sociale de Février-Mars 2009

Les travailleurs du secteur privé et du secteur public dans la rue. La plus grande grève générale de notre histoire contre la «pwofitasyon».
 Les grévistes dénoncent la vie chère, les bas salaires et le mal-développement. Ce mouvement social du 5 Février traduit en réalité le rejet du système néo-colonial qui perdure avec la départementalisation. La mobilisation a en effet pris une dimension sociétale et identitaire.
Reconnaissant le mécontentement populaire, et pour le bloquer, Sarkozy propose la tenue d’Etats Généraux. Le PCM refuse de participer à cette mascarade. L’idée d’une consultation populaire sur l’avenir institutionnel grandit.
Elle se tiendra le 10 janvier 2010.

 Une alliance se crée de fait contre la collectivité unique dans le cadre de l’article 74 proposée par le Congrès des élus de la Martinique : la droite, les socialistes et le PPM ainsi que l’oligarchie qui domine l’économie  se déchaînent contre le 74, qui est rejeté massivement. La démagogie et les mensonges sont à leur comble, relayés puissamment par les médias.

La collectivité unique dans le 73, qui avait été combattue en 2003 par la droite  et certains éléments socialistes et du PPM, est revendiquée par cette même droite, ainsi que par les socialistes et le PPM. Appuyée par les partisans du 74, la Collectivité unique article 73 l’emporte le 24 janvier avec une faible participation.
Le PCM dénonce l’absurde campagne de peur et de chantage à la perte des conquêtes sociales et annonce son intention de continuer le combat pour l’Autonomie.

 "Justice » informe et soutient les luttes des forces de progrès dans le monde.

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