
Aux coins des rues, sous les abribus, sur les places publiques, leur présence est de plus en plus affichée, de plus en plus banalisée. Les dealers ne se cachent plus. Au point d'aller jusque chez les parents, les mères de préférence, réclamer l'argent de leurs clients. Notre dossier.« Les dealers sont présents à visage découvert sur tous les lieux de vie du consommateur » , rapporte Yves François, chargé de communication à l'Attrait. « Même dans les hôpitaux ou au centre de soins de Clarac, ils viennent réclamer leur argent et emmènent les drogués sur les lieux de consommation » . Le phénomène se banalise, au vu et au su de tous... Récemment, il aurait encore gravi un échelon supplémentaire. Les dealers n'hésiteraient plus aujourd'hui à se rendre directement au domicile des familles pour se faire payer. « Mon ex-épouse était chez elle lorsqu'elle a reçu une visite, tard dans la nuit, vers 23 heures. Sa maison était encore allumée, un homme a sonné et elle est sortie sur le balcon. L'individu a expliqué que son fils lui devait 100 euros, a menacé de brûler la maison et lui a conseillé de préparer les préparatifs pour l'enterrement. Il est parti et n'est jamais revenu... » , raconte ce témoin indirect.Cette tendance nouvelle est confirmée par l'association Attrait. « Dans notre échantillon restreint (102 familles membres), ce phénomène nous a été rapporté à plusieurs reprises. On n'avait pas l'habitude d'entendre ça. Ça va de pair avec la banalisation de la consommation et de la vente. Les dealers sont à l'aise aujourd'hui... » . Les familles de consommateurs, beaucoup moins, en apparence. Deux mères ont accepté de nous livrer leur témoignage (lire ci-dessous).(1) Le prénom a été changé pour préserver l'anonymat de cette mère de famille.(2) Le prénom a été changé pour préserver l'anonymat de cette mère de famille
SOURCE Rodolphe LAMY / L.V. France-Antilles Martinique