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6892 Messages dans 5511 Fils de discussion- par 3098 Membres - Dernier membre: danlarsen_cambridge


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Auteur Fil de discussion: Jamais sans ma maison  (Lu 298 fois)
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« le: 17 Novembre 2009 à 21:12:32 »


Un Joséphin de 67 ans vient d'être condamné en comparution immédiate parce qu'il refusait de quitter sa demeure construite à la sueur de son front. À l'intérieur de celle-ci, il avait installé un dispositif explosif avec moult bouteilles de gaz et bougies...
Ce Joséphin venait tout juste de souffler ses 67 bougies quand il a été placé en garde à vue. Le surlendemain de son anniversaire, Edmond a été jugé en comparution immédiate. Il est accusé d'avoir menacé les nouveaux acquéreurs de sa maison et d'avoir voulu la détruire. Le sexagénaire, domicilié à la Croisée Abricot depuis près de 30 ans, ne supportait pas l'idée d'abandonner sa demeure, saisie et vendue aux enchères.Pour cela, le 5 novembre dernier, il avait en effet agencé un véritable arsenal à l'intérieur de la bâtisse : bouteilles de gaz dans les pièces principales - dont une raccordée à la gazinière - et multitude de bougies allumées prêtes à l'emploi.Vente aux enchères et guerre d'usure
Mais, pour bien comprendre comment il en est arrivé à cet extrême, replongeons une vingtaine d'années plus tôt. Edmond, alors basé en région parisienne, décide de revenir s'installer en Martinique. Il achète un terrain à Saint-Joseph, à la Croisée Abricot. Maçon, il érige sa maison sur son temps libre et développe son entreprise. Surviennent les premières difficultés financières. Les dettes sociales s'accumulent et rapidement, Edmond ne peut plus y faire face.Placée en redressement judiciaire, son entreprise finit par disparaître. Le Joséphin réussit à rebondir : il devient agent de sécurité. Mais sa banque lui réclame toujours plusieurs dizaines de milliers d'euros. L'année dernière, un nouveau coup de massue s'abat sur sa tête. Pour apurer ses dettes, la banque engage une procédure de saisie immobilière. La maison est mise aux enchères et acquise par un jeune couple en mai 2009 pour environ 91 000 euros.Depuis, c'est une guerre d'usure entre l'ancien et les nouveaux propriétaires. Malgré la vente de sa maison, Edmond refuse obstinément de déménager et de quitter le fruit de tant de travail. « Vous êtes assez désespérément attaché à votre maison, note la présidente du tribunal. Il est même dit dans le dossier que vous avez volontairement détérioré les piliers de fondation... pour dégrader votre bien et dégoûter les potentiels acheteurs ? » .Un peu troublé par la question, Edmond avoue du bout des lèvres.Maison « lance-flammes »
Le beau-père de l'acheteur, monsieur L., témoigne à la barre du tribunal : « On venait voir ce monsieur tous les jours pour lui rappeler qu'il n'était plus chez lui. Il a toujours été très poli, très courtois (...) Tout se passait très bien jusque-là. Et puis, ce jour-là, il m'a invité à monter à l'étage. Tout ça pour me montrer son « dispositif » ... Le gaz et les bougies » . Il marque une courte pause, avant de préciser : « Il a ouvert le gaz devant moi, et là, son ton avait changé » . A croire, monsieur L. et son gendre, Edmond aurait clairement menacé de faire sauter la maison si elle lui était retirée.Le sexagénaire donne sa version. Il n'était pas sérieux, il cherchait juste à faire peur. « C'était des couillonnades » , a-t-il assuré pendant sa garde à vue. La petite superficie de sa demeure l'aurait obligé à disperser les bouteilles de gaz. Quant aux bougies, « c'est seulement pour chasser les moustiques » .La présidente n'est pas dupe. « Mais le gaz et les bougies étaient placées stratégiquement monsieur. Votre maison, c'était un lance-flammes » .Au fil de l'audience, Edmond se rend à l'évidence. Il admet que sa maison ne lui appartient plus. D'une voix affectée, il raconte que sa nuit à la prison de Ducos fut comme une « sorte de déclic » . « La prison m'a blessé jusqu'au fond de mon coeur (...) Cette histoire de maison, c'est fini, c'est du passé » .La substitut du procureur intervient. « Monsieur est quelqu'un de désespéré (...), prêt à tout pour que personne n'ait cette maison » . Le parquet propose une peine qui sera retenue par les juges. Edmond, inconnu de la justice, est condamné à un an de prison assorti d'un sursis avec mise à l'épreuve pendant deux ans. Il a désormais interdiction de se rendre à son ancien domicile.

source Compte rendu d'audience par H.M. France-Antilles Martinique
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lyviavarlin
Jean marc templet Forum
   

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