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« le: 10 Novembre 2009 à 18:36:32 » |
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D'un côté, Francky Joseph, jeune haïtien en situation irrégulière, accuse des policiers de l'avoir brutalisé lors de son arrestation en janvier. De l'autre, les forces de l'ordre se plaignent d'outrage et dénoncent une atteinte à leur image. En attendant l'arbitrage, l'exaspération gagne du terrain.
Le dossier potentiellement explosif de Francky Joseph, haïtien de 28 ans arrêté en janvier dernier pour sa reconduite à la frontière, a fait pschitt! La bataille entre la Police aux frontières et les associations militantes, par avocats interposés, n'a pas eu lieu hier au tribunal correctionnel.Le prévenu, notamment poursuivi pour outrage à personne dépositaire de l'autorité publique et rébellion, était absent. Et son conseil, Me Monotuka, a affirmé que ni lui, ni son client n'avaient été avisés de la convocation au tribunal. « Heureusement que je passais par là, sinon ils l'auraient assassiné! C'est de la Pwofitasyon! » , souffle l'avocat à l'issue de l'audience. Procès renvoyé à janvier 2010.Me Renar-Legrand, l'avocate des policiers, n'a que modérément apprécié la manoeuvre. « Son entourage crie au lynchage, mais il faut savoir que Francky Joseph est sorti de l'hôpital avec une ordonnance de paracétamol » , souligne la robe noire, agacée par les accusations de violences policières. « Francky Joseph n'a pas convulsé. Telle est la conclusion tirée par le médecin, à la sortie de l'IRM » , poursuit-elle.Dérapages verbaux Pour les représentants du syndicat Alliance, ce rebondissement attise l'exaspération : « A chaque fois qu'une affaire implique des policiers, certains avocats demandent systématiquement le renvoi. » Selon eux, dans ce genre de dossier, la tendance est au dérapage verbal des justiciables, sans que le tribunal ne les rappelle à un minimum de respect ou de politesse.« Le président est chargé de la police du tribunal. Il doit faire respecter la sérénité des débats. Malheureusement, sous prétexte de préserver la paix sociale, la justice fait preuve d'une certaine lâcheté » , assène un syndicaliste. Pire, à leurs yeux, « certains se servent de la justice comme d'une tribune politique, n'hésitant pas écorner au passage l'image de la police. » Tout comme le dossier Nicolas Lamic la semaine dernière, l'affaire Francky Joseph sert-elle de simple chiffon rouge ? Ou bien ces dénonciations de dérives policières ont-elles un fond de vérité ? La réponse attendra bien 2010.-
source L. M.-M. France-Antilles Martinique
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