
La vente de masques de protection est en nette progression. D'autres produits fleurissent dans les pharmacies.
« La rentrée approche. Si l'épidémie de grippe A se déclare, je veux pouvoir protéger ma fille. » Cette dame qui sort de l'officine vient d'acheter une vingtaine de masques et deux gros flacons de produit bactéricide. Elle n'est pas la seule dans ce cas. Dans toutes les pharmacies, la vente de masques augmente sensiblement. Ce n'est pas encore la ruée - comme en Métropole, où la pénurie est constatée - mais la tendance s'installe. La plupart des pharmaciens, d'ailleurs, proposent, en évidence, des produits bactéricides, gels ou aérosols (lire ci-dessous).« Il ne nous en reste pas beaucoup. Et je ne réussis pas à m'en faire fournir d'autres... » Cette pharmacienne de Petit-Bourg a fait l'état de son stock : il lui reste 150 masques, et ses appels aux grossistes restent sans effet. Il semble bien que certains soient en rupture de stock : c'est le cas des trois que nous avons pu contacter hier...Des stocks dans les entreprises
Situation logique. Au-delà des particuliers, certains entrepreneurs mettent en oeuvre le principe de précaution. « Deux grosses entreprises de Jarry se sont fournies chez moi, confie un pharmacien de Baie-Mahault. Elles ont constitué des stocks, au cas où une épidémie de grippe A se déclarerait. Ces entrepreneurs veulent protéger leurs employés de la contagion. » Souci compréhensible, compte tenu du caractère extrêmement contagieux de cette grippe, qui pourrait coucher de 10 à 20% d'un effectif...Pas d'inquiétude, pourtant, s'il faut en croire la Direction de la Santé. « Le principe est que les masques sont principalement réservés aux structures de santé prioritaire. À ce niveau, il n'y a aucun souci de stock : toutes les structures prioritaires sont largement approvisionnées. » À noter enfin que nous ne sommes pas en situation d'épidémie. On ne comptabilise toujours que sept cas de grippe A dans l'archipel. À ce propos, la majorité des scouts touchés à Sainte-Lucie sont rentrés. Seuls six d'entre eux, qui présentent encore des symptômes, sont toujours sur place : ils rentreront d'ici après-demain.- ELLE A DIT...
Jacqueline Madin, directrice adjointe de la santé : « Ces précautions ne sont pas choquantes »
« L'exposition de ces produits (dans les rayons) est logique. Quand surgit un problème de santé, les laboratoires ne manquent pas de faire des propositions aux officines. Je ne considère pas ça comme choquant. Je vois bien des personnes qui se déplacent avec, dans leur poche ou leur sac, un flacon de produit antibactérien, pour nettoyer régulièrement les mains des enfants. Et ça n'est pas plus mal... » - Près de 10% de Calédoniens touchés par la grippe A/H1N1
Une fillette de 8 ans est décédée lundi à l'hôpital de Nouméa, où elle avait été admise au cours du week-end. Elle souffrait de complications provoquées par la grippe A/H1N1, mais l'Institut de veille sanitaire (InVS) a indiqué ne pas pouvoir confirmer le lien direct du décès avec la grippe A. En Nouvelle-Calédonie, le nombre de cas est désormais estimé à 20 000, soit près de 10% de la population.
Tout comme les deux précédents décès recensés en Métropole, la fillette présentait des « facteurs de risque » . Le docteur Grangeon : « Dans tous les cas, on ne meurt pas directement du virus mais des complications que celui-ci peut engendrer. Et ces complications sont plus fréquentes si le patient offre une fragilité particulière. »
Depuis l'explosion du nombre de cas, les autorités sanitaires ne se basent plus sur le nombre de cas officiellement recensés après confirmation biologique. Au début de la pandémie, les écoles ont été fermées dès que trois élèves par classe étaient contaminés. Des tentes de dépistage ont été installées devant les hôpitaux (avec distribution de Tamiflu pour les personnes malades) afin d'éviter la fréquentation des structures par des personnes éventuellement contaminées. Mais face à la rapide propagation du virus, il a fallu improviser d'autres techniques. Les médecins généralistes, débordés, sont désormais chargés du dépistage. Actuellement la moitié des lits que compte le service de réanimation du CHT de Nouméa sont occupés par des patients atteints de complications liées à la grippe A/H1N1.
Des personnes dites « à risques »
Les victimes présentaient donc des facteurs dits « à risques » qui peuvent entraîner des complications. Voici ces principaux facteurs :
- Les nourrissons de moins de cinq mois et les enfants nés prématurés.
- Les enfants et adultes présentant une pathologie chronique (asthme, maladie cardiaque, rénale, cancer ou déficit immunitaire).
- Les femmes enceintes.
- Les personnes âgées de plus de 65 ans et les personnes vivant en institution.
- Les personnes diabétiques et présentant une forte obésité.