

C'est en 1989 avec son camarade de collège Boogie Flaha que Lyrical débute le hip-hop. À l'époque il participe à des mercredis hip-hop au Bitako. « Pour y rentrer, je faisais croire que j'avais 16 ans » , se souvient-il. De la rencontre avec Madnick, Marco Polo, Duduss, Stell et Kool 16 naît alors les Nègkipakafèlafèt. « On écoutait des cassettes de rappeurs parisiens comme NTM, MC Solar qui nous ont beaucoup influencés. A mes débuts je rappais en français » , poursuit Lyrical. Avec leurs coiffures et leurs styles les jeunes rappeurs ne passent pas inaperçus : « Nous, avec notre rap, on nous appelait les gogos ou les zulus! » , raconte Lyrical.Petit à petit le mouvement évolue. Au lycée Schoelcher, Ti Flash monte un club de rap où les MC's se retrouvent tous les midis pour rapper. Les jeunes artistes se mettent à rapper en créole. D'abord avec des textes satiriques ou comiques. « Au départ notre rap en créole, on ne le percevait pas du tout comme un engagement.On était spécialisé dans les textes comiques en créole. Après on s'est rendu compte qu'on pouvait aussi parler de choses sérieuses » , explique Lyrical. Les rappeurs vont alors se plonger dans les écrits d'auteurs comme Cheikh Anta Diop, Aimé Césaire ou Frantz Fanon.« J'ai pris le rap très au sérieux »
Le rap américain de l'époque très afro-centriste et militant va aussi être pour eux une source d'inspiration. « Je suis un de ceux qui a pris le rap très au sérieux. Dès le premier morceau de rap que j'ai entendu, j'ai su que c'est ce que je voulais faire. » Après dix ans de collaboration, les Nèg sortent un album « Made in Nina » . Un classique du genre. Après cette période d'effervescence et depuis le départ de Lyrical et d'autres membres du groupe, chacun a travaillé à son album solo. « On sort des CD et on se bat pour les promotionner. Le mouvement est devenu plus individualiste. Chacun veut avancer » , affirme Lyrical.Sur son dernier album « De A à Z » , Lyrical rappe et chante aussi : « C'est venu naturellement. Sur la plupart de mes morceaux il y a une partie de chant. Cela peut sembler moins dur à écouter que du rap pur, mais ça reste du rap conscient et... mélodieux.Cela a sûrement permis d'élargir mon public. Mais pour ça j'ai dû quitter mon pays, car je me rendais bien compte que ma musique ne serait pas reconnue. Maintenant que j'ai progressé à l'extérieur, il y a des ouvertures en Martinique que je n'aurais jamais eu avant. Je trouve cela un peu injuste. » « De A à Z » est un album où vous pourrez entendre de nombreuses collaborations avec des artistes de la scène rap ou reggae. Un album soigné tant au niveau des textes que des compositions. Une mention spéciale pour le morceau en collaboration avec les Nègkipakafèlafèt, teinté de bèlè et porté par les styles si particuliers de chacun des MC's du groupe. Alors les Nèg, à quand un prochain album ?
- 3 QUESTIONS À THIÉRRY ADÈLE, COMÉDIEN : « Le one man show, une prise de risque maximale »

Le one man show semble faire recette. De plus en plus de comédiens du rire se lance dans cette voie. Vous aussi vous tentez l'aventure de la scène en solo ?
J'ai un long parcours maintenant derrière moi surtout dans des comédies ou des duos qui me permettent aujourd'hui d'avoir l'assurance et la compréhension du jeu nécessaire à une évolution sur scène seul. D'ailleurs, « Bankoulélé » ou des pièces comme « Le dorlis de ces dames » et tant d'autres font que je peux inviter le public à venir m'apprécier, partager et rire avec moi.
Le one man show, selon vous, juste effet de mode ou véritable style émergent ?
Le one man show c'est autre chose, c'est un rapport direct entre le public et un comédien... C'est une prise de risque maximale. La comédie populaire reflète davantage un pan social, culturel. Autant j'ai envie de montrer véritablement ma valeur en tant que comédien seul face à son public, autant j'aime partager avec d'autres comédiens à partir d'histoires humoristiques finement ciselées. J'essaierai toujours de combiner les deux.
Et on a le plaisir de vous retrouvez au Tom ?
Effectivement, je me suis installé au Téyat otonom mawon, ex-petit théâtre de la Croix Mission, depuis mardi et jusqu'au 31 août pour des représentations hilarantes, qui franchement gâtent le public. Je touche à des sujets d'actualités dans lesquels le public se reconnaît. Par exemple, la grippe porcine, Internet et ses dérives, etc.
- Tarif : 20 euros. Tous les soirs à 19 h 30. Contact : 06 96 34 73 25.