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Auteur Fil de discussion: France-Antilles Martinique Nos réseaux sont-ils trop vieux ?  (Lu 276 fois)
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« le: 15 Mai 2009 à 14:57:59 »

Nos réseaux sont-ils trop vieux ?

Cécile EVERARD France-Antilles Martinique 15.05.2009


Selon les spécialistes, les dégâts causés lors des risques naturels ne sont pas liés à une éventuelle vétusté du réseau. (C. Ro./FA)
Les intempéries, et les mouvements de terrain qui ont suivi, ont entraîné de nombreuses casses sur le réseau. Une occasion tout indiquée de remuer la terre et chercher à savoir si les tuyaux de distribution sont vraiment usés.
Les récentes casses et déboîtements qui sont intervenus contribuent à entretenir la légende : le réseau de distribution d'eau potable de la Martinique est vétuste, mal entretenu, inadapté, les exploitants ont pour seul intérêt le porte-monnaie de leurs actionnaires et les collectivités sont négligentes.
C'est une vision des choses. La réalité est cependant plus nuancée, parfois différente...
« La vétusté du réseau ? C'est une question très récurrente au sein de la population et pourtant, ce n'est qu'un des nombreux paramètres que nous prenons en compte, et même un des derniers » , explique Yves Fagherazzi, directeur de la SME. En effet, « un « bon » réseau se juge au type de matériau utilisé, au type de pose effectuée, au nombre de fuites constatées, à l'agressivité du terrain, au rendement du réseau (NDLR : le volume d'eau distribué, par rapport au volume d'eau produit), entre autres » , précise Vincent Ponzetto, directeur de la Saur/SMDS.
Pour autant, toutes les communes ne sont pas logées à la même enseigne. Avant que l'intercommunalité ne se systématise (ou presque) dans le domaine, le réseau de distribution était fonction des moyens et de la volonté politique des communes. Les guéguerres étaient fréquentes entre communes voisines, par exemple dans le Centre, et au détriment de la population. Beaucoup de retard a aussi été pris au niveau de l'investissement parce que les collectivités ont privilégié, face à une urbanisation galopante, l'extension nécessaire des réseaux plutôt que leur renforcement.
Fort-de-France : petit rendement
Aujourd'hui, les acteurs sont généralement plus soudés et chaque grande zone géographique a sa propre politique d'entretien et d'investissement.

Le Sud cumule un avantage certain et un inconvénient incontournable. Avantage, car le SICSM existe depuis une soixantaine d'années et malgré son étendue, le rendement de son réseau est proche de 80%, selon le syndicat. Le taux de renouvellement des canalisations est actuellement de 5%, car le SICSM investit 13 à 14 millions d'euros chaque année. Certes, il y a toujours matière à amélioration mais le principal handicap du Sud se situe plutôt dans sa dépendance au Nord. Les idées, plus ou moins réalistes et intéressantes, ne manquent pourtant pas pour réduire cette dépendance : forages, usine de dessalement d'eau de mer, barrages. En ce qui concerne les forages, ils suscitent beaucoup d'enthousiasme, mais font polémique : « leur contribution risque d'être réduite » , confie un expert.
Le Nord-Atlantique accuse un certain retard, le rendement y étant d'environ 65%, avec certains points noirs comme Basse-Pointe ou Gros-Morne. Depuis quelques années, les travaux de renouvellement du réseau ont débuté, mais tous les projets d'investissement sont remis en question après les casses successives. « On devait présenter notre schéma directeur d'eau potable » , explique Joachim Bouquety, président du SCNA. « Mais on doit désormais revoir notre copie! » D'autant que le réservoir d'eau potable que représente le Nord-Atlantique est particulièrement sensible, ce n'est plus à démontrer, aux mouvements de terrain...



Le Nord-Caraïbe, autonome du point de vue de la production d'eau potable, a lancé une grande opération d'amélioration du rendement de son réseau. « Nous sommes à moins de 70%, notre objectif est de passer à 85% d'ici 2010 » , assure Maryse Dubreas, directrice du SCCCNO.
Enfin, le Centre. Schoelcher a diversifié ses apports en eau, partagés désormais entre le SICSM et Fort-de-France, et ne connaît plus les nombreuses coupures auxquelles la commune s'était habituée depuis des années.
A Fort-de-France, le directeur technique d'Odyssi, Jean-Max Coranson, ne cache pas son désespoir face au réseau qui habite la ville-capitale. « Il faudrait investir 500 millions d'euros ces dix prochaines années dans le réseau! » . Depuis qu'Odyssi s'est mis en tête de dépoussiérer un peu la vieille Régie des eaux de Fort-de- France dont elle est l'héritière, elle ne réussit à investir que 3 à 4 millions par an. Les rendements de Fort-de- France se situeraient entre 50 et 60%.
Notons que Saint-Joseph et le Lamentin, sous le coup d'un imbroglio politico-juridique, dépendent du SICSM, en ce qui concerne l'eau.
A Vivé, « le tuyau aurait pu être posé la veille au soir, cela n'aurait rien changé! »
Malgré les différences qui existent, les collectivités doivent aussi globalement faire face aux mêmes défis. Les risques naturels par exemple. Les experts s'accordent à dire que des événements exceptionnels ne peuvent être évités. L'un d'eux se fait même acerbe : « Que veulent les gens ? De l'eau en toutes circonstances ? Impossible, ou alors il faudra payer vraiment très cher! » .
A l'usine de production d'eau potable de la Capot, à Vivé, au Lorrain, c'est un pan de 30 000 m2 de colline qui s'est effondré. « Le tuyau aurait pu être posé la veille au soir, cela n'aurait rien changé! Ce n'est pas dans ces moments-là que la vétusté d'un réseau, par exemple, se manifeste » , assure Yves Fagherazzi. Aujourd'hui, les poses de canalisations se font, globalement, dans les normes et les règles de l'art, sachant que les techniques et les matériaux ont beaucoup évolué depuis que la distribution d'eau potable s'est généralisée dans les pays riches.
Quant aux séismes, contrairement aux idées reçues, les techniques et matériaux actuels devraient permettre une bonne résistance. Mais, comme pour les bâtiments, seule l'expérience le confirmera...
Toutefois, de grandes améliorations peuvent être apportées aux réseaux, qui devraient figurer dans le schéma directeur d'alimentation en eau potable, actuellement en cours de finalisation par le Conseil général.




Les interconnexions entre réseau doivent être encouragées, pour éviter au maximum des privations d'eau pendant plusieurs jours, comme c'est le cas à Trinité ou au Robert en ce moment. Un maillage complexe et complet du territoire qui permettrait aux communes sinistrées d'aller chercher des ressources dans les réservoirs voisins.
Le schéma directeur appelle aussi à la création de réservoirs d'une plus grande capacité. Par exemple, un réservoir de 20 000 m3 dans les hauteurs de Trinité aurait pu servir de tampon au problème de Vivé. Ce projet est déjà dans...les tuyaux depuis des mois.
Une bonne entente est donc nécessaire entre les différents acteurs. « La gestion de la crise telle qu'elle s'est faite juste après les intempéries aurait été parfaitement impossible il y a quelques années » , avoue une source proche des dossiers. Après Dean, le séisme de 2007 et les exercices grandeur nature, une certaine culture de la gestion de crise et surtout de communication, commencerait donc à s'installer. Même l'idée d'une collectivité unique pour l'eau fait son chemin (ce qui ne signifie pas exploitant unique).
Et si la plupart des collectivités ont peut-être des progrès à faire au niveau des réseaux d'eau potable, ce n'est rien par rapport au défi actuellement insurmontable que représente l'assainissement.
« Un « bon » réseau se juge au type de matériau utilisé, au type de pose effectuée, au nombre de fuites constatées, à l'agressivité du terrain, au rendement du réseau (NDLR : le volume d'eau distribué, par rapport au volume d'eau produit), entre autres » . (J-M.E./F-A)« Un « bon » réseau se juge au type de matériau utilisé, au type de pose effectuée, au nombre de fuites constatées, à l'agressivité du terrain, au rendement du réseau (NDLR : le volume d'eau distribué, par rapport au volume d'eau produit), entre autres » . (J-M.E./F-A)
- REPERES
Chiffres
37 captages
12 unités de traitement
297 réservoirs
3300 km de réseau
Grève générale : mauvais plan
Les conséquences de la grève générale ont érodé tous les plans d'investissement. Les baisses de factures et les mètres cubes gratuits octroyés à la population auraient des conséquences importantes pour les collectivités. Car si elles ne sont pas capables d'autofinancer en partie leurs différents investissements, elles n'auront pas non plus les subventions espérées.
Une baisse de la consommation mais...
Effectivement, la baisse de la consommation est réelle. La consommation d'eau potable par habitant et par jour est passée de 200 litres à 175 litres. Cela est certes imputable aux économies d'eau engendrées par les nouveaux équipements et aux changements de comportement. Pour autant, selon les spécialistes, peu de personnes éteignent le robinet en se brossant les dents ou bien se passent de laver leur voiture avec de l'eau potable!
« Si chacun avait économisé 10% d'eau suite aux intempéries, il n'y aurait pas eu besoin de procéder à des coupures tournantes » , affirme l'un d'eux.
(J-M. E.)(J-M. E.)
- Petit mémo sur la distribution
Ce n'est pas simple, mais, pour se consoler, on peut se dire que ça l'est plus qu'avant!
La gestion de la distribution de l'eau est assurée par :
- 3 syndicats de communes : le SCCCNO (Syndicat des communes côte caraïbe Nord Ouest - 7 communes) et le SICSM (Syndicat intercommunal du Sud de la Martinique - 14 communes), dont l'exploitant est la SME ; le SCNA (Syndicat des communes du Nord-Atlantique) dont l'exploitant est la Saur/SMDS.
- Une régie communautaire : Odissy, exploitant sur Fort-de-France, et qui a confié l'exploitation de Schoelcher à la Saur. Saint-Joseph et Lamentin sont dans une situation particulière : malgré leur appartenance à la Cacem, donc Odissy en théorie, elles sont gérées par le SICSM...
- Une commune : le petit poucet Morne-Rouge, qui a confié son exploitation à la Saur/SMDS.
- Les réservoirs coupés aujourd'hui
Les réservoirs coupés ce matin à 8 heures jusqu'à demain à 8 heures : Anses-d'Arlet (Fond Châtaigne), Diamant (La Cherry), Ducos (Bac Coco), François (Morne Acajou), Lamentin (Morne Pavillon, Sarrault, Palmiste, Chambord), Marin (Mondésir), Rivière-pilote (Morne Roche, Saint-Vincent), Robert (Pointe la Rose), Saint-Joseph (Jambette l'Etang, Rabuchon) et Saint-Esprit (bourg).
Les réservoirs qui resteront difficiles à desservir. - Ducos (Durivage, Lourdes, Vaudrancourt), Marin (Morne Gommier, Anse Figuier), Saint-Esprit (Morne Lavaleur) et Sainte-Luce (Epinay).
Les réservoirs qui ne seront pas alimentés. - Robert (pointe Lynch, Moulin à Vent), Trinité (beauséjour, Desmarinière, La Crique, Morne Figue, Morne Pavillon, Petit Galion, VVF Tartane)
- Les travaux ont commencé à Vivé
(J-M.E. et V.M-P./F-A)(J-M.E. et V.M-P./F-A)
12 tonnes de canalisations en polyéthylène ont débarqué hier matin à l'aéroport Aimé-Césaire (photo de gauche), à bord d'un avion cargo spécialement affrété par le Conseil général. Direction le Lorrain et l'usine de production d'eau potable de la Capot. La semaine dernière, en aval de l'usine, une canalisation a rompu entraînant des coupures d'eau dans toute l'île. Les travaux ont commencé (photo de droite). La mise en sûreté du site est la première tâche des équipes sur place, car le terrain est toujours instable. Après pose des canalisations et désinfection, une première mise en eau est prévue en milieu de semaine prochaine, si le temps est de la partie. Cette installation provisoire, qui coûte 150 000 euros rien qu'en transport et en matériel, est impérative pour réalimenter des quartiers entiers privés d'eau depuis jeudi dernier.


Une solution définitive est en cours d'élaboration et nécessitera environ six semaines de travaux.
Les canalisations, d'un poids de 12 tonnes et d'une longueur totale de 1 km, ont été fabriquées spécialement par tronçons de 6 mètres.
« Dernière édition: 15 Mai 2009 à 15:03:15 par Maguy » Journalisée

AMOUR ET PAIX EN VOUS!!!!

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THE BOSS
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RIEN N'EMPÊCHERA AU MONDE DE TOURNER ! A BON ENTEN
WWW
« Répondre #1 le: 15 Mai 2009 à 15:29:38 »



      {$default_smiley_smiley}  {$default_smiley_smiley}

       
Pourquoi une installation provisoire ?
   Il faudra recommencer dans quelques années
pour une installation définitive,
qui coûtera trois fois plus cher ou même plus.
  Et enfin, cela engendrera des coupures.

Donc, dans quelques années ...

         Ce n'est pas l'argent du contribuable qui finance tout ceci ?

     BONNE JOURNEE !

                 {$default_kiss_smiley}  {$default_kiss_smiley}

Journalisée

JCLAVEAU

 UN SEUL ÊTRE VOUS MANQUE, ET TOUT EST DEPEUPLE.

        (Alphonse de Lamartine)

  mon \\\\\\\"myspace\\\\\\\" :
http://www.myspace.com/mousseline545
Jean marc templet Forum
   

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