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Auteur Fil de discussion: Société : Aux Antilles, l’autosuffisance alimentaire reste une belle utopie  (Lu 103 fois)
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« le: 24 Février 2009 à 05:40:06 »

Société : Aux Antilles, l’autosuffisance alimentaire reste une belle utopie


Coût élevé des engrais, manque de terres agricoles, climat inapproprié : les Antilles ont un long chemin à parcourir avant d’atteindre la souveraineté alimentaire, d’autant que la population n’est plus habituée à consommer local.


Bananeraie aux Antilles © RFO
      
Au salon de l’agriculture, la Martinique et la Guadeloupe occupent de riches stands croulant sous les ananas, goyaves, bananes, maniocs, melons, fruits confits, confitures, rhum...

Cependant, Michel Barnier, ministre de l’Agriculture, a reconnu vendredi qu’un "très gros travail" devait être fait dans l’agriculture aux Antilles pour recréer "une souveraineté alimentaire" et favoriser la production locale, alors que les deux départements sont en proie depuis quelques semaines à des manifestations contre la "vie chère".

Ces départements importent une grande partie de leur alimentation. En Guadeloupe "plus de la moitié du boeuf" consommé est importée tandis que le taux passe à 95% pour les volailles, selon M. Barnier.

"Les Antilles sont loin de l’autosuffisance alimentaire. Je l’estime au maximum à 45%, toutes filières confondues", indique à l’AFP Paul Luu, directeur de l’Office de développement de l’économie agricole des départements d’Outre-mer (Odeadom).

"En terme de production végétale, les Antilles sont en mesure d’atteindre l’autosuffisance, à condition qu’un réel effort soit fait en faveur de la consommation des produits locaux", estime-t-il. Manioc, igname, banane sont en effet détrônés par la pomme de terre, le chou-fleur ou la cerise.

     

Stand Outre-mer au Salon de l’agriculture 2009 © RFO



Méconnaissance des produits locaux

"Lorsque des écoles visitent mes exploitations agricoles, quand je leur montre des goyaves certains enfants disent que ce sont des pommes", regrette Cécilia Géolier, représentante de la Chambre d’agriculture de Guadeloupe.

"On ne sera jamais autosuffisant. C’est utopique de croire cela. Les jeunes sont habitués à manger des pâtes et du riz, ils ne connaissent plus les produits locaux", renchérit Patrick Sinseau, conseiller en développement local à la Chambre de l’agriculture de la Martinique, qui vient de lancer une campagne de communication autour du manioc.

La popularité des produits importés s’explique également par le fait qu’ils sont meilleur marché que les aliments locaux. Ce paradoxe est en partie dû au fait que les engrais, semences et aliments pour animaux sont importés de la métropole, et donc fortement taxés.
"Le sac d’engrais est passé en six mois de 23 à 46 euros et les semences ont augmenté de 50% en un an. On ne peut pas tenir face à la volaille du Brésil ou la banane de Côte d’Ivoire", ajoute Mme Géolier.

La main d’oeuvre explique également la différence de prix, le travailleur agricole antillais étant payé au Smic français, 20 fois supérieur au Smic ivoirien.

Pour améliorer la production locale, le manque de terre pose un sérieux problème. De nombreuses terres sont en friche, certaines polluées à la chlordécone, ce pesticide utilisé dans le passé dans les bananeraies des Antilles, et d’autres transformées en logement.


Les Antilles sont encore loin de l’autosuffisance alimentaire © RFO
   
En Guadeloupe, les exploitations agricoles sont passées de 41.000 hectares en 2000 à moins de 35.000 en 2005 et en Martinique , de 45.000 à 26.000, selon leurs chambres d’agriculture respectives. L’autosuffisance passera aussi par une plus grande solidarité entre agriculteurs. "Trop de divisions dans les filières font que les agriculteurs ont moins de poids pour discuter avec les distributeurs", indique M. Luu.

Le climat enfin, tropical humide, ne permet pas aux Antilles de se diversifier autant que la Réunion, qui subit moins les problèmes de champignons, virus et insectes.

Par Bertille Ossey-Woisard, (AFP)

Source :/martinique.rfo.f
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